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Noël Prolongé…

Noël prolongé…

Pourquoi les Russes célèbrent Noël le 7 janvier? Et que croient les Musulmans au sujet de la naissance de Jésus? Jeff Fountain explore ces deux questions dans sa première pensée de la semaine de l’année.

Pour beaucoup d’Européens, les pensées au sujet de Noël ont déjà été noyées par les fêtes bruyantes du Nouvel An et par la reprise des réalités banales de la vie quotidienne.

Pourtant, Noël n’est pas fini pour des millions d’Européens. Aujourd’hui (le 6 janvier) est la Fête de l’Epiphanie, commémorant la visite des Mages d’orient qui avaient fait l’expérience de la révélation (d’où le mot ‘épiphanie’) de l’Incarnation de Christ en tant qu’enfant Jésus.

Dans le monde hispanophone, par exemple, ce jour est appelé Dia de los Reyes (le jour des rois), lorsque la plupart des enfants reçoivent leurs cadeaux de Noël. Le 5 janvier au soir, beaucoup d’enfants espagnols ont laissé leurs chaussures près de la porte en espérant les voir remplies de cadeaux des trois rois. Le roscon de reyes, ou le gâteau des rois, est une tradition séculaire, une pâtisserie décorée en forme d’anneau afin de ressembler à une couronne, recouverte de fruits glacés illustrant les bijoux colorés. Souvent, une poupée de l’enfant Jésus est cuite dans le gâteau, symbolisant un Jésus caché face au meurtrier Hérode.

Pendant que les Italiens pendent des chaussettes aux portes pour que les rois y mettent des cadeaux, les Grecs plongeront dans la mer aujourd’hui pour récupérer des croix en bois, reconstituant le baptême de Jésus dans le fleuve du Jourdain. Selon l’Orthodoxie grecque, l’Epiphanie commémore le moment lorsqu’une voix du ciel dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection. »

Pourtant, d’autres Européens orientaux célèbreront leur Noël demain, le 7 janvier. La divergence dans les dates est due à l’usage de l’ancien calendrier julien, moins précis, par les églises de beaucoup de pays européens orientaux, et du calendrier grégorien en Occident, lequel le remplaça en 1582.

Complot

Les pays protestants craignaient que le calendrier du Pape Grégoire XIII soit un complot pour réprimer leur mouvement. Alors que les parties catholiques de l’Europe l’adoptèrent immédiatement, les Protestants hollandais, suisses, allemands et nordiques ne le firent qu’en 1700. Les colonies britanniques et américaines attendirent jusqu’en 1752, lorsque le 14 septembre suivit immédiatement le 2 septembre. Benjamin Franklin remarqua dans son almanach : « …quelle indulgence y-a-t-il ici pour ceux qui aiment autant leur oreiller jusqu’à s’y coucher en paix le second de ce mois avant de se réveiller peut-être le matin du quatorzième. »

Malgré une interdiction de Noël de 70 ans sous le communisme athée, beaucoup de Russes célèbrent encore la naissance de Christ lors d’un jour férié religieux. Ce soir (le 6 janvier) à Moscou, il est probable que même le Président Poutine assistera à l’office de la Veillée de Noël dans une église orthodoxe, dans son rôle autoproclamé de ‘Défenseur de l’Orthodoxie’. Il est cependant moins probable que ses pensées seront focalisées sur la bienveillance envers tous les hommes à la lumière de l’attaque américaine, par un drone, d’un général iranien de premier plan.

Ce qui nous ramène à la terre des Mages, la Perse.

Coran

Nous ne nous attendrions probablement pas à ce que les Musulmans aient beaucoup d’égard pour l’histoire de Noël, n’est-ce pas ? C’est en effet le cas si nous ne sommes pas familiers avec le Coran.

Car en ayant célébré Noël cette année avec deux jeunes réfugiées musulmanes du Yémen, nous avons été amenés, Romkje et moi-même, à une ‘épiphanie’. En recherchant un terrain commun pour la conversation, nous avons recherché ce que le Coran avait à dire sur la naissance de Jésus. Nous avons découvert que Jésus est la personne la plus mentionnée dans le Coran : 187 fois, directement ou indirectement ; 25 fois en tant que ’Isa’, 35 fois à la première personne, 48 fois à la troisième personne, et les références restantes étant des titres ou des attributs.

Le Coran décrit ʿĪsāibn Maryam, Jésus Fils de Marie, comme le Messie (al-Masihen arabe), né d’une vierge, accomplissant des miracles, accompagné par des disciples, rejeté par les autorités juives, et élevé au ciel. Bien que le Coran renie que Jésus fut crucifié et qu’il mourut à la croix, et bien qu’il rejette que Jésus est Dieu incarné ou Fils de Dieu, l’eschatologie islamique s’attend à ce que Jésus revienne lors d’une Deuxième Venue pour combattre le Al-Masih ad-Dajjalou le ‘Faux Messie’ et établir la paix sur la terre.

Le Coran décrit Jésus né en tant que ‘garçon pur’ (sans péché), de Marie, en conséquence d’une conception virginale. En fait, Marie (Maryamen arabe) est la seule femme citée dans le Coran, et est mentionnée septante fois (bien plus que dans le Nouveau Testament), l’appelant la plus grande de toutes les femmes. Son histoire est relatée en huit chapitres, y compris un récit de l’Annonciation très similaire au récit de Luc. Gabriel dit à Marie qu’elle portera un enfant dont le nom serait Jésus et qui serait le ‘oint’, le Messie promis. (Voir la gravure antique perse de Marie avec un enfant ci-dessus).

L’érudit et historien perse Al-Tabari écrivit au dixième siècle au sujet d’émissaires venant du roi de Perse, transportant des cadeaux pour le Messie, une histoire que tout enfant espagnol reconnaîtrait.

Donc, de manière surprenante pour nous, Occidentaux, il y a beaucoup de choses en commun dont nous pouvons parler avec les Musulmans sur Noël et l’Epiphanie !

Jeff Fountain

Directeur du Centre Schuman

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